vendredi 24 janvier 2014

Critique cinématographique : Her

Her, le tout nouveau film un peu futuriste de Spike Jonze, tourne autour de Théodore Twombly, un homme plutôt solitaire et sensible qui écrit des lettres d'amour pour les gens qui n'arrivent pas à s'exprimer. Il est aussi assez déprimé depuis que sa femme Catherine a demandé le divorce, et personne, pas même sa bonne amie de longue date Aimee, semble pouvoir lui remonter le moral. Puisqu'il est seul, il décide de se procurer un système d'opération (OS) d'une intelligence artificielle avancée pour lui tenir compagnie. L'OS, qui a décidé de s'appeler Samantha, et lui apprennent rapidement à se connaître et deviennent très proche, jusqu'à tomber amoureux. 
Je sais très bien ce que vous devez vous dire : «Un film portant sur un homme qui est amoureux de son ordinateur?!». Je vous l'accorde, cela peut paraître stupide et étrange, et pourtant la relation entre les deux est vraiment l'un des aspects les plus intéressants de l'oeuvre. Déjà, le tout à une certaine crédibilité ; Spike Jonze réussit avec brio a créer un monde plus futuriste. C'est discret, mais on voit bien l'avancée technologique, ce qui frappe surtout sont les scènes où nous voyons tous les passants déambuler avec leur oreillettes et qui parlent, pour la plupart, à un système informatique. Dans cet univers, il est quand même bizarre d'un homme puisse aimer un OS de la sorte (pourtant, le commentaire n'est fait qu'une seule fois dans le film), mais ce n'est pas complètement insensé comme ça le serait aujourd'hui. La présence de la technologie dans la vie de Théodore ne semble jamais trop intrusive ou douteuse, ce qui aurait rendu l'écoute du film malaisante.

C'est une comédie romantique, et pourtant il est rare que ce film bascule dans le cliché. En fait, j'ai été vraiment impressionnée par la relation entre le personnage principal et Samantha, comme je le disais plus haut. Dans certaines scènes où il se promène et lui parle avec son oreillette même s'il est, en apparence, seul, on dirait vraiment qu'il est accompagné, on se croirait presque dans sa tête, à entendre la voix de l'OS. Ils semblaient tellement comme un «couple» normal que parfois on oublie que l'un deux n'est en fait qu'une intelligence artificielle!

Spike Jonze a excellé dans la direction et écriture de ce film. La mise en scène était simple, mais efficace, avec de nombreux plans audacieux et des couleurs claires qui offraient de beaux effets visuels. Le script est tout aussi bien écrit, il est intelligent et même s'il a ses moments plus «hollywoodien» il capte l'attention et est très touchant. De plus, le tout est porté par une trame sonore de Arcade Fire qui est tout à fait magnifique.
Ce film aurait été franchement affecté par de mauvais acteurs, mais heureusement, ce n'est pas le cas, au contraire. Joaquin Phoenix démontre qu'il est encore l'un des meilleurs acteurs de sa génération et Her lui obtient même sa deuxième nomination consécutives aux Oscars. Il faut dire que Phoenix n'avait pas la tâche facile, puisque plus que la moitié du film consiste à lui qui est seul et qui parle à une oreillette. Son jeu était était exécuté avec un réalisme incroyable, il était subtil, mais transmettait les émotions aussi bien que s'il aurait vraiment en la présence d'une actrice. Aussi, Scarlett Johansson, qui fait la voix de Samantha, est aussi excellente. On ne la voit à aucun moment, mais sa voix était très expressive. Amy Adams fait aussi du bon travail en tant qu'amie qui semble épuisée par la vie.

Contrairement à certaines critiques, je ne dirais peut-être pas que Her est le film de l'année, mais il est tout de même plus qu'appréciable. Même si on peut penser que le sujet principal est étrange, les prestations des acteurs et l'univers si original et créatif valent à eux seuls la peine d'être vus. 

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Ça m'a l'air vraiment intéressant... J'le mets sur ma liste de films à voir ;)

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